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Peux-tu te présenter rapidement ?

Salut ! Moi, c’est Julien, j’ai 32 ans et je fais du handpoke depuis cinq ans. Le handpoke, c’est une technique de tatouage réalisée à la main, sans machine, ce qui la rend plus lente. C’est une approche idéale pour travailler sur des zones comme le visage, les doigts ou les oreilles. En ce moment, j’apprends à utiliser la machine pour pouvoir me lancer sur des projets plus conséquents.

Artistiquement, je m’inspire beaucoup de la culture psychédélique et underground, aussi bien dans la musique que dans le graphisme. En termes de style, je me situe quelque part entre l’ornemental, le géométrique et le néo-tribal.

Quel a été ton parcours avant de devenir tatoueur ?

À la base, j’ai fait des études d’architecture. À cette époque, j’ai découvert les tatouages des criminels russes, et je me suis dit : “Wow, ça c’est punk !” J’ai voulu tester, alors j’ai commencé avec des aiguilles à coudre et de l’encre de Chine. 

 

Petit à petit, j’ai tatoué des potes, et j’ai fini par me dire que le tattoo, c’était quand même bien plus cool que l’architecture. C’est comme ça que je suis arrivé là.

Quel est ton processus créatif avec un client, de l’idée au tatouage final ?

Tout commence toujours par une discussion avec le client. Il me présente son projet, et j’essaie de l’adapter à ce que je sais faire, tout en y ajoutant ma touche personnelle. On échange, on ajuste, et on voit comment intégrer le tatouage au mieux.

Je travaille toujours à partir d’une photo de la zone à tatouer, sur laquelle je dessine directement. C’est important pour moi d’être au plus juste par rapport au corps et aux tatouages déjà présents. J’ai une vision très ornementale du tatouage : je ne le conçois pas comme un simple sticker qu’on viendrait poser n’importe où. 

Il y a une vraie recherche sur le positionnement et l’intégration du motif avec la morphologie ou les autres pièces déjà en place.

As-tu une anecdote insolite sur un tatouage que tu as réalisé ?

Ouais, une fois, j’ai tatoué un jeune de 18 ans pour son premier tattoo. Au premier coup d’aiguille, il a fait un malaise direct et il a envoyé valser tout le matos sur la table. L’encre partout… Mais bon, on lui a donné un sucre, il est sorti respirer un peu, et au final, on a pu terminer le tatouage tranquillement.

Quel a été le projet le plus ambitieux ou technique que tu as réalisé ?

Un des projets les plus intenses que j’ai faits, c’était un cover sur le torse et le cou. Un gros pattern en full black. C’était assez ambitieux, parce que ces zones sont particulièrement douloureuses et il faut vraiment que le client ait confiance. On a fait ça en trois grosses séances, de sept heures chacune. C’était un vrai défi, autant techniquement que physiquement, pour lui comme pour moi.

Y a-t-il des projets que tu aimerais réaliser à l’avenir ?

J’adore tout ce qui est ornemental, donc j’aimerais beaucoup travailler sur des body suits, ou des zones entières du corps, comme les mains, les doigts, les oreilles. J’aspire à réaliser des compositions qui englobent le corps plutôt que de poser des éléments isolés ici et là, façon patchwork. Je ne suis pas dans le figuratif, mon approche, c’est vraiment d’orner, d’épouser la morphologie du corps pour créer quelque chose de cohérent et harmonieux.