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Peux-tu te présenter rapidement ?

Enchantée, moi c’est Soraya, j’ai 25 ans. J’ai commencé mon apprentissage en novembre 2024, et depuis janvier, je tatoue sur vrai peau.

Comment es-tu devenue tatoueuse ? Quel a été ton parcours ?

J’ai d’abord fait une mise à niveau en arts appliqués, puis j’ai poursuivi en cinéma d’animation 3D jusqu’au master. Mais en travaillant dans ce domaine, je me suis rendu compte que rester derrière un PC toute la journée bridait trop ma créativité.

Dans un studio, tu réponds aux attentes d’un réalisateur. Par exemple, si tu bosses chez Illumination et qu’on te dit que les Minions doivent être faits de telle manière, tu suis un cahier des charges très précis. 

C’est un métier créatif, mais aussi très technique. En tant que technicien 3D, on ne peut pas toujours exprimer pleinement sa créativité. Il y a bien des freelances qui ont plus de liberté, mais en studio, ce n’est pas un environnement où je pouvais vraiment m’épanouir artistiquement.

J’ai toujours eu un attrait pour le tatouage, et à un moment donné, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de me lancer.

Si tu devais tatouer une seule chose toute ta vie, ce serait quoi et pourquoi ?

J’aimerais tatouer uniquement des yeux. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une vraie fascination pour ça. Je pense que ça vient en partie d’un de mes groupes préférés, Tool, qui utilise beaucoup l’imagerie des yeux.

Les yeux, c’est aussi le miroir de l’âme, et il y a énormément de déclinaisons possibles autour de ce motif. Donc ouais, je tatouerais des yeux, partout.

Quelle est, selon toi, la chose la plus sous-estimée dans le métier de tatoueur ?

Je n’ai pas encore énormément d’expérience, mais déjà, ce que je peux dire, c’est que ce métier casse le corps. Selon la position dans laquelle tu tatoues, tu te prends des tensions de fou dans les lombaires, la nuque, le cou…

Et je pense que ça, avant de le faire, tu ne peux pas imaginer. Et je pense que c’est quelque chose qu’on sous-estime de ouf ! Je suis pas courbaturée mais je suis tendue et je suis de base raide comme un bâton donc du coup ça n’aide pas !

As-tu d’autres passions en dehors du tatouage ?

Oui ! Je fais pas mal de sport, notamment du powerlifting (force athlétique en français). J’adore ça.

Et sinon, j’aimerais apprendre la basse. J’ai une basse chez moi qui prend la poussière, et ça fait partie de mes objectifs 2025 : m’y mettre sérieusement. J’adore la musique, j’ai un vrai attrait avec elle, donc ça me ferait trop plaisir de reprendre. À chaque fois que je la vois dans un coin de la pièce, je me dis qu’il faut que je m’y mette.

Est-ce qu’il faut être extraverti pour être tatoueur ?

C’est toujours un plus, parce que ça aide à mettre les gens à l’aise. Mais ce n’est pas une obligation.

Personnellement, je suis un peu entre les deux : il y a des jours où je n’ai pas envie de parler, et je ne parle pas. Et d’autres où j’adore partager mon art et discuter avec les clients.

Il y a des tatoueurs très introvertis qui réussissent, parce que leur technique et leur art parlent pour eux. Pour certains, le tatouage leur permet même de s’ouvrir un peu plus, même si dans le fond, ils restent introvertis.

En fait, je pense que toutes les personnalités peuvent s’y retrouver dans ce métier. Il faut juste éviter d’être un gros con.